Micro vs macro
 Du coté de la micro, tout va bien. Les entreprises publient des résultats largement supérieurs aux
attentes du consensus pour le 2ème trimestre. Dans la foulée, les chefs d'entreprise revoient leurs
perspectives en hausse. "Big names, beat expectations" titre le Financial Times du 30 juillet, et de
citer les performances économiques de Volkswagen, BASF, Repsol, Telefonica, Royal Dutch et Siemens.
Cette liste n'est pas exhaustive, bien des noms auraient pu être ajoutés, des grosses sociétés comme
des petites ou moyennes capitalisations.
 
Avec cette avalanche de bonnes nouvelles, on aurait pu penser que les indices allaient prendre de la
hauteur et verser dans l'euphorie. Pas du tout. Les places boursières ont clôturé la semaine sur une
note mitigée. La faute en incombe à la macro. Ce n'est pas tellement l'Europe qui est en cause. Non
de ce côté-là, c'est aussi mieux que prévu. Le climat de confiance dans la zone Euro est au plus
haut depuis mars 2008 et le taux d'utilisation des capacités de production est en hausse lui aussi.
La zone Euro, moribonde au mois d'avril, s'est refait une santé. Où est le problème alors ? Aux
États-Unis. Les statistiques américains ne cessent de décevoir : commandes de biens durables,
confiance des consommateurs, et PIB américains sont ressortis en-dessous des attentes. Le spectre du
double plongeon ("double dip") hante l'esprit des investisseurs.
 
On connaît les éléments à charge contre l'économie américaine : l'endettement, le chômage, etc. Une
chose est sûre : l'économie américaine ralentit, c'est d'ailleurs ce que montrent les chiffres du
PIB du 2ème trimestre, +2.4% au T2, après 3,7% au T1.Toutefois, cela n'a rien de surprenant dans la
mesure où le restockage, qui avait porté la croissance, touche à son terme. Et maintenant ? Dans le
paysage économique américain, nous distinguons un point positif et un point d'interrogation. Le
point positif concerne l'investissement productif qui poursuit sa forte progression (+22% en rythme
annualisé) ; nous avons là les fondations d'une croissance autonome et solide.
 
L'interrogation concerne évidemment le marché de l'emploi qui tarde à s'améliorer. Face au
scepticisme ambiant, nous inclinons plutôt vers l'optimisme. Tout d'abord, le cas européen est là
pour nous rappeler que les choses peuvent évoluer rapidement, dans le mauvais mais aussi dans le bon
sens. Secundo, et c'est le principal, nous ne comprenons pas pourquoi le marché du travail américain
aurait perdu sa formidable capacité d'adaptation. Les entreprises se sont refait une santé, elles
ont une productivité exceptionnelle, elles recommencent à investir. Il serait étonnant que l'emploi
ne suive pas. D'ailleurs, Maurice Lévy, le PDG de Publicis, ne vient-il pas de donne son feu vert à
la reprise des embauches au niveau mondial ? Si notre pronostic se vérifie, le CAC passera alors
allégrement le cap des 3700.
 
Une chronique de Hugues de Montvalon
Oddo Banque Privée
Rédaction achevée le 30 juillet 2010
 
 
 

 Dernières actualités