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Des stress tests pas trop stressants
​Les "stress tests" ont livré leur verdict et il est plutôt clément. Seules 7 des 91 banques européennes concernées ont échoué aux tests. Les analystes sont plutôt sévères sur la nature de ces tests et mettent en avant deux critiques. Primo, le risque de défaut des emprunts d'état détenus dans les portefeuilles à long terme des banques n'a pas été testé. Secundo, ces tests ont été établis en regard de la norme bancaire "Bâle II", une norme bientôt obsolète qui sera remplacée par une nouvelle réglementation beaucoup plus exigeante, "Bâle III". Ces critiques sont fondées.
 
Néanmoins, ces tests ont le mérite de la transparence ; chacun dispose maintenant de nouveaux éléments pour évaluer la solidité des bilans bancaires. Faisons confiance à la diligence des analystes pour nous livrer leur version "dure" des tests. Dans ces cas là, les marchés sont plutôt efficients ; ils ne manqueront pas de trier le bon grain de l'ivraie bancaire. De surcroît, compte tenu de ses enjeux règlementaires, politiques et financiers, "Bâle III" ne sera peut-être pas appliqué de sitôt. Mieux vaut avoir quelque chose qui marche à peu près aujourd'hui qu'une évaluation précise, qui très vraisemblablement, ne sera pas disponible avant longtemps.
 
De toute façon, l'Europe et ses problèmes financiers ne sont plus au centre des inquiétudes des investisseurs. On s'aperçoit que l'Union Monétaire est toujours sur pied, que la croissance européenne n'est pas aussi calamiteuse qu'on le craignait, notamment en Europe du Nord. On voit aussi que les Etats-Unis ne sont pas forcément le havre économique et financier que l'on espérait. Les interrogations sur la croissance américaine couplée à la résistance européenne ont permis à l'euro de faire un "come back" spectaculaire passant de 1,20 à 1,30 dollars.
 
Nous restons toutefois sceptiques sur la capacité de l'euro à poursuivre sa remontée face au dollar. Les problèmes de l'Europe n'ont pas disparu : la Grèce doit financer une dette colossale, l'Espagne et le Portugal doivent trouver un nouveau modèle de croissance, la France doit ajuster sa dépense publique. Les prouesses économiques de l'Allemagne doivent beaucoup, si ce n'est pas tout, à la forte reprise du cycle mondial au premier semestre. La deuxième partie de l'année sera moins favorable avec le ralentissement annoncé des Etats-Unis et de la Chine. Il n'y aurait rien de choquant à voir l'euro revenir vers 1,20 dollars, niveau proche de la valeur fondamentale que lui assignent les modèles d'équilibre de long terme.

 

Retrouvez toutes les semaines la Chronique des marchés de Hugues de Montvalon.
Rédaction achevée le 26 juillet 2010
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